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Office de Tourisme
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Saint-Jean-de-Maurienne

La ferme-auberge d'Ambrune et Polalye

L’Office de Tourisme part à la rencontre de Marielle et Jean-Dominique Godard, à la ferme auberge d’Ambrune et Polalye, dans le massif des Hurtières.

 

 

 

- Bonjour à vous deux, tout d’abord, pourquoi avoir créé une ferme-auberge ?

 

JD : Bonjour, auparavant, j’étais cuisinier-restaurateur de formation et je n’avais pas envie de travailler toute ma vie dans une cuisine, mon but était de passer du temps dehors aux cotés d’animaux et de végétaux et faire à manger pour le weekend. Donc la ferme-auberge est venu naturellement. Après, il nous a fallu trouver le lieu et les moyens financiers et puis surtout  le « coup de pied au derrière » pour se dire « Allez, c’est maintenant qu’on se lance ! »

M : Et puis l’idée, c’est de travailler avec des produits que nous avons élevés ou que nous avons fait pousser. Quand nous sommes dans la restauration, c’est déjà à 60-70h par semaine. Maintenant nous en faisons  entre 70 et 80 heures par semaine.

JD : Mais c’est bien parce que nous ne voyons pas le temps passer.

 

 

-Depuis combien de temps êtes-vous propriétaire de cette exploitation ? 

 

M : Ici, c’était une exploitation agricole jusqu’en 1980. Puis, elle a été séparée en plusieurs lots pour des locations, et finalement nous avons acheté la maison pour s’installer en tant qu’agriculteurs.

JD : Jusqu’en 1980, il y avait de la vigne ici. Il y en avait énormément sur ce coteau, de la Mondeuse précisément. D’ailleurs, nous avons encore le pressoir et les cuves en bois dans la grange à côté. Il y avait également du tabac, dont les fagots séchaient sous la charpente.

- Que signifie le nom de la ferme : « Ambrune et Polalye »?

JD : C’est du patois. « Ambrune » signifie myrtille et « polalye », c’est la poulaille, la poule en patois savoyard.

Que faisiez-vous avant de vous lancer dans cette ferme-auberge?

M : Je suis animatrice socioculturelle et je vais m’installer officiellement avec Dominique à la ferme au mois de Janvier.

JD : Avant de venir ici, nous gérions l’auberge communale de Saint-Martin-la-Porte, de septembre 2000 à septembre 2005.

 

 

-Et pourquoi avoir choisi la Maurienne?

 

JD : C’est un retour au bercail pour moi car je suis originaire de Saint-Georges et j’y ai fait mon apprentissage en cuisine. Après, j’ai fait des saisons pendant 8 ans. Puis nous avons vadrouillé dans l’Est, Nancy, Metz, puis 5 ans à Toulouse et nous sommes finalement revenus chez nous.

 

 

- Quels types d’animaux élevez-vous dans la ferme ?

 

JD : Quand vous avez une ferme-auberge, l’idéal c’est de produire la viande, le plat principal. Comme nous avons vécu dans le Sud-Ouest et que nous avions des amis qui faisaient du canard gras et qui gavaient, nous avons essayé. Donc nous nous sommes lancés dans la volaille. Comme nous ne faisons pas les naissances parce que nous sommes en zone de montagne, toutes nos volailles sont achetées à 1 jour. Ce matin, par exemple, nous avons reçu 300 poussins. Ils viennent de la région lyonnaise et les canetons, eux, viennent du Lot. Pour les fêtes de fin d’année, nous faisons de la dinde et de la pintade, que nous élevons également. Il faut 4 à 6 mois pour élever une volaille, si vous voulez avoir vraiment de la qualité. D’abord, elle fait ses os, et ensuite elle fait la viande, contrairement aux poulets industriels, qui n’ont pas le temps de faire leurs os. De plus, nous ne faisons que de l’élevage en plein air. Ils sont dehors 24h/24h. Elles font avec la pluie, la neige, le vent, la buse, le renard…Mais au final, nous n’avons pas plus de pertes que dans un élevage industriel et nous avons un bien meilleur résultat.

 

 

- Que vous  apporte le label « bienvenue à la ferme » ?

 

JD : C’est une marque et une charte pour laquelle nous nous engageons sur des critères de qualité. Cela signifie que ce que nous mettons dans l’assiette, soit nous le produisons, soit nous allons le chercher chez des producteurs dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres. Nous connaissons les producteurs qui travaillent avec nous et nous savons comment ils travaillent. Je pense d’ailleurs que ce label est reconnu aujourd’hui par le public pour être un gage de qualité. Et pour garantir cette qualité, nous sommes contrôlés tous les ans.

 

 

- Pouvez-vous nous décrire une journée type à la ferme ?

 

JD : C’est varié. Comme nous élevons et que nous abattons, les journées sont très remplies. Nous nous levons avec le soleil en ce moment. En début de semaine, je fais l’abatage du canard gras, la découpe, l’éviscération, le traitement des foies…tout cela me prend une journée et demie à deux jours. En plus, tous les matins, il faut nourrir les bêtes, les gaver…Nous avons également 1 hectare de fruits rouges, myrtilles, groseilles, fraises, et cela demande beaucoup de temps pour le ramassage.

- Où peut-on vous rencontrer et acheter vos produits en dehors de votre ferme?

JD : Nous commercialisons nos produits sur le marché de Saint-Jean-de-Maurienne, tous les samedis matins, depuis 5 ans maintenant.  Nous avons de plus en plus une clientèle d’habitués, qui nous suit depuis de nombreuses années. Nous sommes occasionnellement sur les marchés d’Aiguebelle et de La Chambre et nous avons monté un magasin de producteur avec 5 associés à Saint-Michel-de-Maurienne qui s’appelle « Paysans d’ici et d’ailleurs ».

-Quand est-il possible de visiter votre ferme?

JD : En général, des visites sont organisées les dimanches après-midi après le repas. Les gens sortent de table et nous partons faire la promenade à travers l’exploitation. Nous avons aussi une journée porte-ouverte une fois par an. Cela permet aux gens qui viennent manger chez nous de voir ce qu’ils vont avoir dans leurs assiettes. Nous pouvons aussi faire visiter le mardi après-midi, après le repas également, mais il vaut mieux nous prévenir à l’avance. Sinon, nos jours d’ouverture sont le vendredi soir, le samedi soir et le dimanche midi, et uniquement sur réservation, de préférence 24h à l’avance. La salle a une capacité de 30 places environ donc cela peut se remplir très vite, le dimanche notamment, et nous refusons souvent du monde.

-Quels sont vos projets ?

JD : Une multinationale !

M : Déjà, nous allons nous associer tous les deux pour être reconnus agriculteurs, et puis nous aimerions faire des chambres d’hôtes, si nous trouvons les financements...

JD : J’aimerais bien faire de l’élevage de brebis, du cochon sauvage dans la forêt comme les corses, des figuiers, des pêches et des abricots…après il me faut juste du temps…Au niveau des produits, j’aimerais bien faire des pâtes de fruits, des coulis…Mais il ne faut pas non plus négliger la vie de famille, et ne pas dégoûter nos enfants de cette vie là.

-Le mot de la fin?

JD : Ce n’est jamais fini !

 

Plus d'informations sur : www.fermedambruneetpolalye.com/


 

 


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