Newsletter

s'inscrire

rechercher dans le site

Office de Tourisme
Place de la Cathédrale
73300 Saint Jean de Maurienne
Tél : 04 79 83 51 51
Fax : 04 79 83 42 10
info@saintjeandemaurienne.com
Syndicat du Pays de Maurienne
  • Imprimer cette page
  • Ajouter cette page au carnet de voyages

Histoire et Patrimoine

Saint-Jean-de-Maurienne, Berceau de la Maison de Savoie

saintjeandemaurienne.com > Histoire et Patrimoine

 

 
 
La Maurienne est la plus méridionale des grandes vallées transversales de la Savoie. Creusée par les glaciers, puis par la rivière Arc, elle offre un passage facile entre la France et l’Italie.
 
Au cœur de la vallée, là où le cours de l’Arvan rejoint celui de l’Arc, s’ouvre un large espace dont les versants offrent toute la variété des paysages alpestres avec, en toile de fond, les emblématiques Aiguilles d’Arves. C’est là que s’est créée une petite bourgade nommée Maurienne. Au VIe siècle le roi de Bourgogne, Gontran, un petit-fils de Clovis, conquiert toute la région, qui reste sous l’autorité religieuse de l’évêque de Turin. C’est alors qu’une femme, que la légende a retenu sous le nom de sainte Thècle, rapporte d’Alexandrie d’Égypte les reliques de saint Jean-Baptiste : trois doigts de la main qui baptisa le Christ. Pour recevoir dignement des reliques aussi insignes, Gontran fait de la ville le siège d’un évêché, soustrayant ainsi sa conquête au pouvoir de son voisin Turinois.
 
Les reliques ont fait de la bourgade la capitale de la vallée, elle va en tirer son nom : Saint-Jean-de-Maurienne, et son blason : une main bénissant. C’est aussi cet événement qui, conjugué à la vieille tradition du pain bénit, est commémoré lors de la Fête du Pain, le premier jeudi du mois d’août.
 
Capitale d’un diocèse la ville se dote alors de monuments religieux dont il reste le plan d’ensemble, avec une cathédrale double faisant face au palais épiscopal. Ces premiers édifices sont détruits dans les désordres de l’An Mil. Il faut donc reconstruire, ce que l’on fait en réutilisant les matériaux trouvés sur place : c’est ainsi que des fragments de sculptures d’époque carolingienne sont utilisés en remploi dans les lourds piliers de la cathédrale.
 
Cette reconstruction est rendue possible grâce au rétablissement de l’ordre par Humbert aux Blanches Mains, premier comte de Maurienne. Ce personnage, qui reçoit l’investiture de son comté des mains de l’empereur du Saint Empire Romain Germanique, Conrad le Salique, est le fondateur de la Maison de Savoie. Ses descendants seront comtes puis ducs d’un État qui s’étendra de la Bresse au comté de Nice et au Piémont, rois de Sardaigne en 1718 et finalement rois d’Italie jusqu’en 1946. Mais, en réalisant l’unité italienne, ils auront renoncé en 1860 à leur province d’origine.
 
La Maurienne joue un grand rôle dans l’ascension de nos princes : sa position en fait les « portiers des Alpes ». Humbert y séjourne souvent et, à sa mort, il est enseveli devant la cathédrale, comme plusieurs de ses descendants : Amédée la Queue, Boniface le Rolland ... Saint-Jean-de-Maurienne est donc la première nécropole de la dynastie de Savoie. C’est pour cela qu’en 1771 le roi Charles-Emmanuel fait construire le porche de la cathédrale, sous lequel en 1826 son descendant Charles-Félix fait réaliser le tombeau que l’on peut voir aujourd’hui. A droite du tombeau, un bas relief de marbre représente l’investiture d’Humbert.
 
A proximité, l’église Notre-Dame a conservé son chevet roman, ainsi qu’un portail à double voussure, colonnettes et chapiteaux sculptés dans le gypse (matériau de sculpture traditionnel en Maurienne). L’un de ces chapiteaux présente deux personnages semblant se disputer une crosse d’évêque. C’est une allusion à la Querelle des Investitures, qui voit s’affronter le pape et l’empereur : celui-ci, Henri IV d’Allemagne, excommunié, se rend à Canossa pour obtenir son pardon. Parent des comtes de Maurienne, il passe sur leurs terres, mais doit négocier son passage ; cela montre le rôle non négligeable que joue la famille de nos princes dans les nations européennes.
 
La cathédrale, quant à elle, date pour tout son gros œuvre du XIe siècle. Elle possède l’une des plus vieilles charpentes de France, puisque plusieurs fermes de sa toiture ont pu être datées avec précision : les bois en ont été coupés à l’automne 1074 ou 1075. Sous le chœur de la cathédrale avait été aménagée une crypte, vraisemblablement pour abriter les reliques de saint Jean-Baptiste. Comblée au XVe siècle, cette crypte a été redécouverte en 1958 et elle est désormais visitable : on y découvre les techniques de l’art roman naissant.
 
De grands évêques marquent Saint-Jean de leur empreinte. Plusieurs d’entre eux, comme le cardinal de Varembon, le cardinal d’Estouteville, ou encore Étienne Morel sont de grands bâtisseurs. Au XVe siècle, ils réalisent des chefs d’œuvre de l’art gothique : un cloître réunit à la cathédrale le réfectoire des chanoines ; le grand clocher est surmonté d’une flèche qui porte sa hauteur totale à près de 80 mètres. Cette flèche, hélas, ne survivra pas à la furie des révolutionnaires français en 1794. Heureusement, la présence d’esprit d’un mauriennais permit de sauver alors un autre joyau : les stalles. On avait en effet, à la fin du XVe siècle, transformé la cathédrale, remplaçant son abside et son plafond romans par un chœur et des voûtes gothiques. Dans ce chœur, le sculpteur Pierre Mochet avait achevé en 1498 un somptueux ensemble de stalles : l’un des treize groupes de stalles dites “du credo savoyard”, que l’on peut encore voir en Europe. À coté des stalles, sculpté dans le marbre de Carrare, un ciborium abritait la réserve eucharistique.
 
Dès les débuts du diocèse, il fallut bien que l’évêque dispose d’une maison, d’autant plus que la situation de Saint-Jean-de-Maurienne sur une grande voie de passage, l’amenait à recevoir souvent de grands personnages. Que reste-t-il des constructions primitives ? C’est bien difficile à déterminer. Le palais épiscopal, qui se trouve en face de la cathédrale, occupe sans doute son emplacement d’origine, mais son aspect actuel est dû, pour l’essentiel, aux embellissements de Mgr de Martiniana, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Utilisé par le sous-préfet sous le Consulat et l’Empire, l’édifice revint à sa destination première en 1825, jusqu’à la Séparation de l’Église et de l’État en 1905. Cet ancien palais épiscopal a retrouvé aujourd’hui sa splendeur du XVIIIe siècle. Il abrite l’Office du Tourisme, ainsi qu’un musée d’archéologie, d’art religieux, d’arts et traditions populaires, présentant une exceptionnelle collection de costumes mauriennais, qui figurent parmi les plus anciens et les plus originaux des Alpes françaises. Par la richesse de leurs broderies, de leurs dentelles, par le chatoiement de leurs couleurs, ces costumes rivalisent avec la somptuosité des églises baroques.
 
Il a été question jusqu’ici de deux pouvoirs. Mais entre des comtes ambitieux et des évêques qui ne l’étaient pas moins, le conflit était inévitable. Il se produisit en 1326 lors d’une grande révolte des habitants des Arves contre l’évêque, leur seigneur temporel. Quoiqu’il ait sans doute lui-même fomenté la révolte, le comte aida l’évêque à reconquérir son pouvoir, mais en le partageant désormais par la nomination d’un juge commun, le corrier. Celui-ci siégeait dans une maison forte dotée de cachots dans sa partie basse. Cette tour de la correrie, à laquelle on a adjoint dans les siècles suivants un escalier ajouré à la mode transalpine, est toujours visible quoiqu’engluée dans des bâtiments adventices, à quelques mètres du grand clocher.
 
De cette période médiévale, Saint-Jean-de-Maurienne garde son plan en croix que l’on retrouve dans son axe nord-sud, la pittoresque rue Saint-Antoine prolongée par la rue du collège. Celle-ci tire son nom du collège Saint-Joseph installé dans l’ancien couvent des Bernardines, bel exemple du patrimoine cistercien du XVIIe siècle.
 
Cité administrative, Saint-Jean-de-Maurienne est aussi animée par des foires et des marchés favorisés par sa position de carrefour. Hôtelleries et auberges accueillent les nombreux voyageurs : la vocation touristique de Saint-Jean s’est développée avant-même que le mot existe ! Et, bien avant que la grande industrie ne fasse de la vallée l’un des hauts lieux de la production d’aluminium, on y trouve une foule de petits métiers. Les multiples vertus des plantes de montagne inspirent à l’abbé Guille l’invention du Mont Corbier, dont un musée retrace l’histoire. Issu d’une vieille famille de taillandiers, Joseph Opinel crée le célèbre couteau qui, des rives de l’Arvan, va partir à la conquête du monde. Et, puisque nous en sommes à évoquer les célébrités locales, n’oublions pas le docteur Fodéré, considéré comme le père de la médecine légale, et le grand couturier Pierre Balmain qui passa ici toute son enfance…
 
à tous ces atouts s’ajoute plus que jamais aujourd’hui celui du tourisme. Passage obligé entre la France et l’Italie, carrefour sur la route des grands cols, porte d’accès aux nombreuses stations environnantes, Saint-Jean-de-Maurienne est bien fidèle à son slogan : une ville, la montagne !

 


Office de Tourisme de Saint Jean de Maurienne - © Alliance Réseaux 2009